écrits et autres traces de lettres


Le traitement des thèmes contenus dans les pages de ce site n’engage que moi. Ils n’ont aucune prétention scientifique, ni ne se reconnaissent d'une école philosophique ou religieuse, ni ne se rattachent à un courant de pensée.
Ils sont le fruit d'une pensée libre éduquée à l'école de l'écoute du champ vibratoire. Ce qu'enseigne cette écoute ouvre le regard sur une compréhension autre de notre présence au monde. Un point de vue nourri de notre perception de l'univers, duquel nos sens s'ouvrent à une profondeur et où se définit notre intention de prendre soin du vivant.
La vie n'est pas forcément ce que laisse entendre le mode d'existence actuel et sa raison. Comment la percevrions-nous si l'existence de l'individu était avant tout un instant de présence dans le vivant ? Comment percevrions-nous la manifestation d'un individu dans le monde ? Comment percevrions-nous l'être d'une personne traversant une zone de lumière et de sensations physiques comme celles s'exprimant de l'organisme sensible qu'il habite ?
Envisager le passage terrestre dans cette optique ouvre les horizons absents ou encore inaccessibles, à la manière actuelle de concevoir le monde, et la Vie en général. En changeant de lunettes et de point de vue, nous pourrions observer que la Vie avec un grand V ne s'arrête pas là où l'existence individuelle prend fin. La vie, à l'opposé de notre manière de la penser dans une vision binaire, n'a pas son antithèse pouvant y mettre un terme ni l'annihiler. Une telle situation donnerait automatiquement naissance à quelque chose de nouveau. Aujourd'hui, de nombreuses croyances postulent le néant à la fin des temps. Nous serions surpris de vivre et non de penser que la vie se manifeste dans le mouvement des rebonds s'effectuant d'existence en existence au cœur du vivant.
Cependant, le vivant, lui, n'est pas un postulat, n'est pas de la même nature. Le fait de son existence est cadré par des lois sans lesquelles le champ de possibles mis en œuvre ne pourra pas atteindre son but, à la différence de son point de création, la vie, qui, comme le temps, ne peut pas se définir dans ce que nous pouvons imaginer.
Penser l'existence comme l'instant d'un séjour dans le monde manifesté devrait nous inviter à revoir le fondement de termes qui maintiennent l'entendement dans diverses "formes pensées" encore très ancrées dans l'inconscient collectif, comme celle par laquelle on nourrit le concept de la mort, et de toutes ces abstractions que l'on habille de toutes sortes de mots chargés de croyances et d'ombres imaginées.
Un monde où "la notion de la mort" céderait sa place à la connaissance et à l'accompagnement "du processus de libération" de l'être serait un changement significatif de la compréhension des instants de passage où se transforme ce que fut l'existence d'un individu dans le monde. Aborder la finitude de l'existence comme un mouvement de transformation demande d'envisager un changement de paradigme salutaire pour l'humanité, et c'est certainement le grand défi qui attend l'homme pour assurer sa pérennité dans le millénaire se commençant. C'est un changement culturel profond et c'est l'appel que lance la vie à l'homme pour qu'il grandisse en humanité dans les plaines du vivant sans les voir au travers du filtre de ses projections. C'est un appel crucial pour entrer dans un mode affranchi d'une pensée binaire, maintenant l'intellect dans une expression dichotomisant l'esprit.
En questionnant l'histoire de la pensée humaine depuis son origine, il apparaît que chaque révolution cyclique produit un palier d'évolution de la raison et de la morale dont l'influence agira sur les cultures et les civilisations qu'a traversées l'humanité. Des étapes dont on ne doit pas oublier qu'elles ne sont pas l'aboutissement du chemin par lequel l'homme humanise ses pulsions archaïques héritées de ses origines primitives et dont la peur est un des vecteurs de survie profondément ancrés dans le mode comportemental et présent au sein de l'actualité de nos démocraties. Ce fait devrait suffire à nous montrer que nous n'avons pas fini ce chemin de transcendance.
Par conséquent, aujourd'hui, pour le bien de l'humanité, celui de l'homme autant que pour celui de la nature, nous aurons tout à gagner d'apprendre comment grandir dans le vivant pour l'avenir de toutes et de tous, plutôt que de nourrir cette croyance comme une prière silencieuse répétée à longueur d'année : "Qui veut la paix prépare la guerre."
Ne cherchez pas à comprendre intellectuellement la fin des choses. La mort est un concept désespéré qui mine l'avenir des jours futurs à vouloir la comprendre. Demain est une promesse de naissance. Elle est inconditionnelle. Demain, exprime le souffle de vie au-delà des croyances, des pensées et des concepts humains. En se reliant au mouvement de cette force naturelle, nous verrons mieux la manière de prendre soin des naissances à venir, en prenant soin de ce qui vient à mourir dans le monde. Pour nous, les individus humains, c'est prendre soin de nos mourants, de les accompagner dans ce passage vers… non seulement un au-delà, mais plus encore de leur retour au statut premier de l'être avant l'incarnation. Prendre soin de l'écologie du vivant, prendre soin de l'être, prendre soin du vivant dans la ronde des cycles. On comprendra, ici, que la mort n'existe pas en dehors d'une croyance maintenue dans l'inconscient collectif par des idées fausses. Ou, si ce mot devait impérativement exister dans les dictionnaires, il devrait exprimer le changement d'état. Dans ce changement de paradigme, c'est à nous d'apprendre à ne plus avoir peur des grandes migrations auxquelles la nature des multiples révolutions régissant les existences nous convie.
F. Ledermann
Genève, octobre 2022