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19 Octobre 2022 Article

Le traitement des thèmes contenus dans les pages de ce site n’engage que moi. Ils n’ont aucune prétention scientifique, ni ne se reconnaissent d'une école philosophique ou religieuse, ni ne se rattachent à un courant de pensée.

Ils sont le fruit d'une pensée libre éduquée à l'école de l'écoute du champ vibratoire. Ce qu'enseigne cette écoute ouvre le regard sur autre compréhension de notre présence au monde. Un point de vue nourri de notre perception de l'univers duquel nos sens s'ouvrent à une profondeur et où se définit notre intention de prend soin du vivant. Cette vision et cette approche du vivant se sont confirmées au cours de mon activité de passeur d'âme.  

La vie n'est pas forcément ce que laisse entendre le mode d'existence actuel et sa raison. Comment la percevrions-nous si l'existence de l'individu était en premier lieu l'instant de la manifestation de sa présence dans le vivant, cette durée, au cours de laquelle l'être de sa personne traverse une zone de lumière et de sensations physiques rapportées par l'organisme sensible qu'il habite ?

Envisager le passage terrestre dans cette optique ouvre les horizons absents ou encore inaccessibles, à la manière actuelle de considérer le monde, et la Vie en général. En changeant de lunette et de point de vue nous pourrions observer que la Vie avec un grand V ne s'arrête pas là où l'existence individuelle prend fin. La vie n'a pas d'opposé capable de lui mettre un terme ni une force pouvant l'annihiler. Une telle situation donnerait automatiquement naissance à quelque chose de nouveau. Et si c'était le néant, sa manifestation démontrerait une expression de vie dans le mouvement des rebonds s'effectuant d'existence en existence au cœur du vivant.

Penser l'existence comme l'instant d'un séjour dans le monde manifesté donnerait l'envie de revoir le fondement de certains termes qui maintiennent diverses formes pensées encore très actives dans l'inconscient collectif, comme celle par laquelle on pense la mort, concept que l'on habille de toutes sortes de mots chargés de croyances et d'ombres imaginées.

Un monde, où "la notion de la mort" céderait sa place à la connaissance et l'accompagnement "du processus de libération" de l'être apporterait un changement significatif de la compréhension de ces instants de passage où se transforme ce qui fit l'existence d'un individu dans le monde. Aborder la finitude de l'existence comme un mouvement de transformation demande d'envisager un changement de paradigme salutaire pour l'humanité et c'est certainement, le grand défi qui attend l'homme pour assurer sa pérennité dans le millénaire se commençant. C'est un changement culturel profond et c'est l'appel que lance la vie à l'homme pour qu'il grandisse en humanité dans les nouveaux paysages du vivant. C'est un appel crucial pour entrer dans un mode affranchi d'une pensée binaire, maintenant l'intellect dans une expression dichotomisant l'esprit.

En questionnant l'histoire de la pensée humaine depuis son origine, il apparaît que chaque palier d'évolution cyclique a été une étape de l'évolution de la raison et de la morale nécessaire aux diverses cultures ou civilisations qu'a traversées l'humanité. Des étapes dont on ne doit pas oublier qu'elles ne sont pas l'aboutissement du chemin par lequel l'homme humanise ses pulsions archaïques héritées de ses origines primitives et dont la peur est un des vecteurs de survie profondément ancrés dans le mode comportemental et présent dans l'actualité de nos démocraties. Ce fait devrait suffire à nous montrer que nous n'avons pas fini ce chemin de transcendance. Aussi, aujourd'hui, pour le bien de l'humanité, celui de l'homme autant que pour celui de la nature, nous aurons tout à gagner d'apprendre comment grandir dans le vivant pour l'avenir de toutes et de tous, plutôt que de nourrir cette croyance comme une prière silencieuse répétée à longueur d'année :  "qui veut la paix prépare la guerre".

Il ne faut pas chercher à comprendre intellectuellement la fin des choses. La mort est un concept désespéré qui mine l'avenir des jours à venir à vouloir la comprendre. Demain est une promesse de naissance. Elle est inconditionnelle. Demain, exprime le souffle de vie au-delà des croyances, des pensées et des concepts humains. Cette force nous invite à prendre soin des naissances à venir, en prenant soin de ce qui vient à mourir dans le monde. Pour nous, les individus humains, c'est prendre soin de nos mourants, de les accompagner dans ce passage vers... non seulement un au-delà, mais plus encore au retour au statut premier de l'être. Prendre soin de l'écologie du vivant, prendre soin de l'être, prendre soin du vivant dans la ronde des cycles. On comprendra, ici, que la mort n'existe pas en dehors d'une croyance maintenue dans l'inconscient collectif. Ou, si ce mot devait impérativement exister dans les dictionnaires, il devrait exprimer le changement de condition d'être et nous apprendre à ne plus avoir peur des grandes migrations des états d'être auxquels la nature cyclique des multiples révolutions régissant les existences nous convie.

F. Ledermann 

Genève octobre 2022

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